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Changement dans l’entreprise : Hominisation

Jadis lorsque l’homme était encore quadrupède, l’organe des sens prédominant était l’odorat. Ce sens orientait l’homme dans sa recherche permanente de protection et de nourriture. Sans aucune vision de l’horizon, l’homme marchait à quatre pattes, flairant les choses. Il percevait le danger avec son nez et interagissait avec son environnement de manière olfactive.

Lorsque l’homme se dressât sur ses jambes, il devint bipède. Sa perception du monde changeât. La vision étriquait de son milieu, se transforma en champ panoramique. N’ayant plus le nez collé au sol, il se mit à contempler l’espace étendu et lointain que son environnement lui offrait. Les mains libres, sa locomotion devint légère et aérienne. Ainsi, dégagé de cette contrainte qui lui imposait de balayer le sol avec ses mains, il développa la phéhension et une nouvelle forme d’intelligence apparut en lui. L’accroissement de son néocortex permit l’émergence du langage orale et symbolique et son sens primaire devint la vue.

La transformation dans l’entreprise n’est pas sans introduire de nouveaux usages qui influencent et prescrivent des comportements liés aux finalités de l’entreprise. A l’instar de l’hominisation, l’entreprise exige une permanence des individus à s’adapter à leur milieu, quels que soient les changements surgissant dans leur cadre professionnel.

L’acquisition des nouveaux codes, règles et comportements se fait graduellement in situ, par imprégnation, au fur et à mesure de notre exposition et de notre apprentissage. Les actes qui sont répétés favorisent leur assimilation et leur perfectionnement jusqu’à les accomplir avec habilité et sans sollicitation apparente du cerveau.

Qu’en serait-il pour l’homme d’un acquis devenu inné ? Est-ce que la constance du changement dans son environnement ne pourrait-elle se traduire par une adaptation spontanée et intuitive à toute forme de changement. Tout comme la procréation et la perpétuation des espèces ne peut-on disposer de réflexes adaptatifs, de réactions adéquates aux situations de changement dans l’entreprise ?

Les changements restent incertains pour l’individu. Malgré leur fréquence et récurrence, leur apparition est toujours redoutée. Ces évènements conduisent derechef à manifester un comportement considéré inapproprié car empli très souvent d’angoisse et condamnant l’individu à l’isolement dans l’entreprise

L’adaptation au changement résulte de deux composantes. La première liée au comportement et la seconde dépendante de l’aptitude. Le comportement est une prédisposition d’acculturation. L’individu adopte et applique stricto sensu les pratiques sociales et professionnelles de l’entreprise. Il répond aux sollicitations qui lui sont faites dans la cohérence et l’exigence établies par l’entreprise. L’aptitude est la capacité de l’individu à accomplir les tâches qui lui sont confiées dans le cadre et  les conditions fixées par l’entreprise. Sur le comportement, l’entreprise peut employer des mécanismes pour s’assurer de la bonne conduite de l’individu, un stimulus pour une réponse adaptée. Pour l’aptitude, l’entreprise peut agir en développant les qualités de l’individu d’expertise, d’autonomie, de responsabilité. Toutefois, quel que soit l’objectif, l’inné tant recherché face au changement ne sera jamais qu’une utopie et l’individu restera souverain de ses actes et de ses réactions.